Antienne Je me réjouis grandement dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu : il m’a revêtu des vêtements du salut, il m’a enveloppé du manteau de la justice, comme une épouse se pare de joyaux. (Is 61, 10) Gloire.
Collecte Ô Père, qui, par l’Immaculée Conception de la Vierge, avez préparé une demeure digne de votre Fils, et qui, dans l’attente de sa mort, l’avez préservée de toute souillure du péché, accordez-nous, par son intercession, de venir à vous dans la sainteté et la pureté d’esprit. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Première lecture Je mettrai inimitié entre ta descendance et la descendance de la femme. Livre de la Genèse Gn 3, 9-15.20
[Après que l’homme eut mangé du fruit de l’arbre,] le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin ; j’ai eu peur, parce que j’étais nu, et je me suis caché. » Il leur dit : « Qui t’a appris que tu étais nu ? As-tu mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’en ai mangé. » Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Puisque tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux domestiques et entre toutes les bêtes sauvages ! Tu ramperas sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête , et tu lui blesseras le talon. » L’homme appela sa femme Ève, car elle était la mère de tous les vivants.
Parole de Dieu.
Psaume responsorial du Psaume 97 (98)
R. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car il a fait des merveilles.
Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car il a fait des merveilles. Sa droite et son bras saint lui ont donné la victoire. R.
Le Seigneur a fait connaître son salut ; il a révélé sa justice aux yeux des nations. Il s'est souvenu de sa bonté, de sa fidélité envers la maison d'Israël. R.
Tous les confins de la terre ont vu la victoire de notre Dieu. Chantez joyeusement au Seigneur, vous tous, habitants de la terre ; criez de joie, chantez des louanges ! R.
Deuxième lecture : En Christ, Dieu nous a choisis avant la fondation du monde. Lettre de saint Paul aux Éphésiens, Ep 1, 3-6.11-12
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. En lui, il nous a choisis avant la fondation du monde , pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui dans l’amour. Il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ, selon le dessein bienveillant de sa volonté, à la louange de la splendeur de sa grâce, dont il nous a comblés en son Fils bien-aimé. En lui, nous aussi avons été choisis et prédestinés, selon le plan de celui qui met en œuvre toutes choses selon sa volonté, pour être la louange de sa gloire, nous qui avons d’abord espéré en Christ.
Évangile du jour Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 26-38)
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.
Les paroles des Papes « Rien n’est impossible à Dieu… » (Lc 1, 37). Seule la puissance infinie de l’amour peut expliquer que Dieu le Verbe, Dieu le Fils, se soit fait homme. Seule la puissance insondable de l’amour de Dieu peut expliquer que la Vierge – fille de géniteurs humains – soit devenue la Mère de Dieu. Pourtant, ce fait était incompréhensible pour elle-même : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?» (Lc 1, 34). Cependant, « rien n’est impossible à Dieu » ! Puisque la toute-puissance du Père Éternel et la puissance infinie de l’amour, agissant avec la force du Saint-Esprit, ont permis au Fils de Dieu de devenir homme dans le sein de la Vierge de Nazareth, alors cette même puissance, en considération des mérites du Rédempteur, a préservé sa Mère du péché originel. « Rien n’est impossible à Dieu » ! Rassemblons-nous sur le mystère de l’Immaculée Conception. À l’écoute de la Parole du Dieu vivant, qui nous parle depuis les profondeurs de la première venue, affrontons tout ce que le temps de l'homme et du monde peut nous réserver. Avançons unis à la Femme par excellence, Marie. (Jean-Paul II – Homélie 8 décembre 1981)
L’Évangile de la liturgie d’aujourd’hui, en la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, nous conduit dans sa maison à Nazareth, où elle reçoit l’annonce de l’ange (cf. Luc 1, 26-38). C’est dans l’intimité de sa maison qu’une personne se révèle mieux qu’ailleurs. Et c’est précisément dans cette atmosphère chaleureuse que l’Évangile nous offre un aperçu de la beauté du cœur de Marie.
L’ange la dit « pleine de grâce ». Être pleine de grâce signifie que Notre-Dame est exempte de mal, sans péché, Immaculée. Or, à cette salutation, Marie – le texte le dit – est « profondément troublée » (Luc 1, 29). Elle n’est pas seulement surprise, mais troublée. Recevoir des salutations flatteuses, des honneurs et des compliments peut parfois engendrer la vantardise et la présomption. Souvenons-nous que Jésus n’est pas tendre avec ceux qui recherchent les salutations sur les places publiques, la flatterie et la reconnaissance (cf. Luc 20, 46). Marie, en revanche, n'est pas exaltée, mais troublée ; au lieu d'éprouver du plaisir, elle ressent de l'étonnement. Le salut de l'ange semble la dépasser. Pourquoi ? Parce qu'elle se sent humble, et cette humilité attire le regard de Dieu.
Entre les murs de la maison de Nazareth, nous découvrons ainsi une qualité admirable. Quel est l'état du cœur de Marie ? Ayant reçu les plus grands éloges, elle est troublée car elle sent que ce qu'elle ne s'attribuait pas lui est adressé. Marie, en effet, ne s'attribue aucun privilège, ne revendique rien, n'attribue rien à son propre mérite. Elle ne fait preuve d'aucune suffisance, elle ne s'enorgueillit pas. Car dans son humilité, elle sait qu'elle reçoit tout de Dieu. Elle est donc libre d'elle-même, entièrement tournée vers Dieu et vers les autres. Marie Immaculée n'a pas d'yeux pour elle-même. Voilà la véritable humilité : ne pas avoir d'yeux pour soi-même, mais pour Dieu et pour les autres.
Souvenons-nous que cette perfection de Marie, pleine de grâce, est proclamée par l'ange entre les murs de sa maison : non pas sur la place principale de Nazareth, mais là, dans le secret, dans la plus grande humilité. Dans cette petite maison de Nazareth battait le plus grand cœur qu'une créature ait jamais connu. Chers frères et sœurs, c'est une nouvelle extraordinaire pour nous ! Car elle nous révèle que le Seigneur, pour accomplir des merveilles, n'a pas besoin de grands moyens ni de nos talents exceptionnels, mais de notre humilité, de notre ouverture à Lui et aux autres. Par cette annonce, entre les humbles murs d'une petite maison, Dieu a changé le cours de l'histoire. Aujourd'hui encore, Il désire accomplir de grandes choses avec nous dans notre vie quotidienne : dans nos familles, au travail, dans notre environnement de tous les jours. C'est là, plus que dans les grands événements de l'histoire, que la grâce de Dieu aime agir. Mais, je me demande, y croyons-nous ? Ou pensons-nous que la sainteté est une utopie, un privilège réservé aux initiés, une pieuse illusion incompatible avec la vie ordinaire ?
Demandons à Notre-Dame une grâce : qu’elle nous libère de l’idée trompeuse que l’Évangile et la vie sont deux choses distinctes ; qu’elle nous enflamme d’enthousiasme pour l’idéal de sainteté, qui ne se résume pas à des images pieuses et des cartes de prière, mais qui consiste à vivre chaque jour avec humilité et joie, à l’exemple de Notre-Dame, détachés de nous-mêmes, les yeux tournés vers Dieu et vers notre prochain. Ne perdons pas courage : le Seigneur a donné à chacun la matière nécessaire pour tisser la sainteté dans sa vie quotidienne ! Et lorsque le doute nous assaille quant à notre capacité à y parvenir, ou lorsque la tristesse de notre propre insuffisance nous accable, laissons-nous contempler par le regard miséricordieux de Notre-Dame, car nul n’a jamais été abandonné en implorant son aide ! (PAPE François ANGELUS, 8 décembre 2021)
TONINO BELLO – Marie, une femme accueillante. Cette phrase, tirée d’un texte conciliaire, est splendide par sa doctrine et sa concision. Elle affirme qu’à l’Annonciation, la Vierge Marie « accueillit le Verbe de Dieu dans son cœur et dans son corps ». Dans son cœur et dans son corps. Elle était, en somme, à la fois disciple et mère du Verbe. Disciple, car elle écouta le Verbe et le garda à jamais dans son cœur. Mère, car elle offrit son sein au Verbe et le porta pendant neuf mois dans le trésor de son corps. Saint Augustin ose dire que Marie fut plus grande pour avoir accueilli le Verbe dans son cœur que pour l’avoir accueilli dans son sein. Peut-être, pour saisir pleinement la beauté de cette vérité, les mots ne suffisent-ils pas. Il nous faut recourir à des images. Et quoi de mieux, dès lors, que de se référer à une célèbre icône orientale représentant Marie avec le divin Fils Jésus inscrit sur sa poitrine. On la connaît comme la Vierge du signe, mais on pourrait l'appeler la Vierge de l'accueil, car, les avant-bras levés, dans une attitude d'offrande ou d'abandon, elle apparaît comme un symbole vivant de l'hospitalité la plus gratuite. Elle a accueilli dans son cœur. Autrement dit, elle a fait place dans ses pensées aux pensées de Dieu ; sans pour autant se sentir réduite au silence. Elle a offert de bon cœur le terreau vierge de son esprit à la germination du Verbe ; sans pour autant se sentir dépossédée de quoi que ce soit. Elle lui a joyeusement cédé le terrain le plus inviolable de sa vie intérieure, sans pour autant restreindre les espaces de sa liberté. Elle a donné au Seigneur une demeure permanente dans les chambres les plus secrètes de son âme ; sans pour autant ressentir sa présence comme une intrusion. Elle a accueilli dans son corps. Autrement dit, elle a ressenti le poids physique d'un autre être prenant place dans le sein de sa mère. Aussi, elle a-t-elle adapté son rythme à celui de son hôte. Elle a modifié ses habitudes, en accord avec une tâche qui, assurément, n'allège pas sa vie. Elle consacra ses jours à porter un être qui ne lui épargnerait ni soucis ni peines. Et puisque le fruit béni de ses entrailles était le Verbe de Dieu incarné pour le salut de l'humanité, elle comprit qu'elle avait contracté une dette d'accueil envers tous les enfants d'Ève, une dette qu'elle rembourserait par des larmes. Elle accueillit le Verbe de Dieu dans son cœur et dans son corps. Cette hospitalité fondamentale en dit long sur la manière d'accueillir Marie, dont l'Évangile ne parle pas, mais qu'il nous est facile d'imaginer. Personne ne fut jamais rejeté par elle. Et tous trouvèrent refuge sous son ombre. Des voisins aux anciens compagnons de Nazareth. Des proches de Joseph aux amis d'enfance de son fils. Des pauvres du quartier aux pèlerins de passage. De Pierre en larmes après la trahison à Judas, qui ne la trouva peut-être pas chez elle ce soir-là… Sainte Marie, femme accueillante, aide-nous à accueillir la Parole au plus profond de nos cœurs. À comprendre, comme toi, les interventions de Dieu dans nos vies. Il ne frappe pas à notre porte pour nous expulser, mais pour combler notre solitude de lumière. Il n'entre pas chez nous pour nous enchaîner, mais pour nous rendre le goût de la vraie liberté.
FAUSTI – La vie chrétienne porte en son cœur et a pour commencement et fin l’Incarnation du Verbe. Entièrement centrée sur ce mystère, elle est une actualisation continue, « aujourd’hui », du « oui » qui a attiré Dieu dans le monde. Marie est la figure de chaque croyant et de toute l’Église. Ce qui lui est arrivé doit arriver à chacun. Le « oui » de l’homme qui accueille et engendre le Verbe, de qui tout commence, est la finalité même de la création. Dieu a enfin trouvé la demeure dont le temple est une image. C’est la rencontre qu’il a cherchée de toute éternité, le moment pour lequel le temps a commencé, le couronnement de son rêve d’Amour, la récompense de son œuvre, le fruit de son labeur. Enfin, des profondeurs de sa création qui s’était éloignée de lui, un « oui » surgit, capable de l’attirer. Et il vient, s’unit à nous et s’engage pour toujours. Quelle joie pour Dieu de pouvoir dire à Marie : « Réjouis-toi ! » Après tant de tragédies, l'Époux trouve enfin l'Épouse de son cœur. Ses souffrances sont enfin terminées. Il est enlacé par ceux qu'il aime. Son offrande trouve des mains qui l'accueillent, et le monde entier comprend, conçoit et embrasse ce sans quoi l'homme n'est plus homme. L'amour est aimé ; il a trouvé un foyer où demeurer, et la demeure de l'homme n'est plus déserte. L'Ange est la présence de Dieu dans sa Parole annoncée. Notre foi en sa Parole l'accueille et nous unit à lui : c'est la naissance de Dieu sur terre et de l'homme au ciel. La Parole s'incarne en nous, ne nous quittant plus jamais, et l'Ange peut aller l'annoncer aux autres, jusqu'à ce que le mystère accompli en Marie soit pleinement réalisé pour tous les hommes. Le salut de tout homme est de devenir comme Marie : dire oui à la proposition d'Amour de Dieu, donner chair à sa Parole éternelle, engendrer le Fils dans le monde. À l'Amour de Dieu qui le cherchait, dans sa désobéissance et sa fuite, Adam avait répondu : « Je me suis caché ! » (Genèse 3, 10). À présent, en Marie, l'humanité elle-même répond : « Me voici », à Celui qui a toujours dit « Me voici, me voici » à ceux qui ne Le cherchaient pas (Is 65, 1). Dieu exulte d'une joie indicible. L'amour, toujours rejeté, se sent désormais accueilli. L'amour, toujours non aimé, se sent désormais aimé. Depuis des millénaires, de toute éternité, Il avait attendu ce moment où Sa créature Lui accorderait la grâce de dire : « Me voici », afin de la remplir de Sa présence. Dieu est Avènement : Il vient nécessairement à l'homme, car Il est Amour. L'homme attend : il tend nécessairement vers Lui, car il a besoin d'être aimé. C'est pourquoi, lorsque l'homme L'attend et dit : « Me voici », Dieu ne peut manquer de venir. Ainsi, Il s'unit à lui en une seule chair : c'est le jour du Salut. Mon « oui » à chaque Parole que j’entends me permet de l’accueillir : un fragment de l’histoire du Verbe, qui a pris demeure parmi nous, devient chair de ma chair. Cette histoire, tout comme elle a commencé avec Marie et nous est parvenue, commence avec nous pour devenir chair en tous nos frères et sœurs, jusqu’aux extrémités de la terre. Telle est la mission de l’Église.
Antienne
RispondiEliminaJe me réjouis grandement dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu :
il m’a revêtu des vêtements du salut, il m’a enveloppé du manteau de la justice,
comme une épouse se pare de joyaux. (Is 61, 10)
Gloire.
Collecte
Ô Père, qui, par l’Immaculée Conception de la Vierge,
avez préparé une demeure digne de votre Fils,
et qui, dans l’attente de sa mort,
l’avez préservée de toute souillure du péché,
accordez-nous, par son intercession,
de venir à vous dans la sainteté et la pureté d’esprit.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Première lecture
Je mettrai inimitié entre ta descendance et la descendance de la femme.
Livre de la Genèse
Gn 3, 9-15.20
[Après que l’homme eut mangé du fruit de l’arbre,] le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin ; j’ai eu peur, parce que j’étais nu, et je me suis caché. » Il leur dit : « Qui t’a appris que tu étais nu ? As-tu mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’en ai mangé. »
Alors le Seigneur Dieu dit au serpent :
« Puisque tu as fait cela,
tu es maudit entre tous les animaux domestiques
et entre toutes les bêtes sauvages !
Tu ramperas sur ton ventre
et tu mangeras de la poussière
tous les jours de ta vie.
Je mettrai inimitié entre toi et la femme,
entre ta descendance et sa descendance :
celle-ci t’écrasera la tête
, et tu lui blesseras le talon. »
L’homme appela sa femme Ève, car elle était la mère de tous les vivants.
Parole de Dieu.
Psaume responsorial
du Psaume 97 (98)
R. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car il a fait des merveilles.
Chantez au Seigneur un cantique nouveau,
car il a fait des merveilles.
Sa droite
et son bras saint lui ont donné la victoire. R.
Le Seigneur a fait connaître son salut ;
il a révélé sa justice aux yeux des nations.
Il s'est souvenu de sa bonté,
de sa fidélité envers la maison d'Israël. R.
Tous les confins de la terre ont vu
la victoire de notre Dieu.
Chantez joyeusement au Seigneur, vous tous, habitants de la terre ;
criez de joie, chantez des louanges ! R.
Deuxième lecture :
En Christ, Dieu nous a choisis avant la fondation du monde.
Lettre de saint Paul aux Éphésiens,
Ep 1, 3-6.11-12
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ,
qui nous a comblés de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ.
En lui, il nous a choisis avant la fondation du monde
, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui dans l’amour.
Il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs
par Jésus-Christ,
selon le dessein bienveillant de sa volonté,
à la louange de la splendeur de sa grâce,
dont il nous a comblés en son Fils bien-aimé.
En lui, nous aussi avons été choisis et
prédestinés, selon le plan de celui
qui met en œuvre toutes choses selon sa volonté,
pour être la louange de sa gloire,
nous qui avons d’abord espéré en Christ.
Parole de Dieu.
Évangile du jour
EliminaÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc
(Lc 1, 26-38)
En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.
Les paroles des Papes
« Rien n’est impossible à Dieu… » (Lc 1, 37). Seule la puissance infinie de l’amour peut expliquer que Dieu le Verbe, Dieu le Fils, se soit fait homme. Seule la puissance insondable de l’amour de Dieu peut expliquer que la Vierge – fille de géniteurs humains – soit devenue la Mère de Dieu. Pourtant, ce fait était incompréhensible pour elle-même : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?» (Lc 1, 34). Cependant, « rien n’est impossible à Dieu » ! Puisque la toute-puissance du Père Éternel et la puissance infinie de l’amour, agissant avec la force du Saint-Esprit, ont permis au Fils de Dieu de devenir homme dans le sein de la Vierge de Nazareth, alors cette même puissance, en considération des mérites du Rédempteur, a préservé sa Mère du péché originel. « Rien n’est impossible à Dieu » ! Rassemblons-nous sur le mystère de l’Immaculée Conception. À l’écoute de la Parole du Dieu vivant, qui nous parle depuis les profondeurs de la première venue, affrontons tout ce que le temps de l'homme et du monde peut nous réserver. Avançons unis à la Femme par excellence, Marie. (Jean-Paul II – Homélie 8 décembre 1981)
Chers frères et sœurs, bonjour !
EliminaL’Évangile de la liturgie d’aujourd’hui, en la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, nous conduit dans sa maison à Nazareth, où elle reçoit l’annonce de l’ange (cf. Luc 1, 26-38). C’est dans l’intimité de sa maison qu’une personne se révèle mieux qu’ailleurs. Et c’est précisément dans cette atmosphère chaleureuse que l’Évangile nous offre un aperçu de la beauté du cœur de Marie.
L’ange la dit « pleine de grâce ». Être pleine de grâce signifie que Notre-Dame est exempte de mal, sans péché, Immaculée. Or, à cette salutation, Marie – le texte le dit – est « profondément troublée » (Luc 1, 29). Elle n’est pas seulement surprise, mais troublée. Recevoir des salutations flatteuses, des honneurs et des compliments peut parfois engendrer la vantardise et la présomption. Souvenons-nous que Jésus n’est pas tendre avec ceux qui recherchent les salutations sur les places publiques, la flatterie et la reconnaissance (cf. Luc 20, 46). Marie, en revanche, n'est pas exaltée, mais troublée ; au lieu d'éprouver du plaisir, elle ressent de l'étonnement. Le salut de l'ange semble la dépasser. Pourquoi ? Parce qu'elle se sent humble, et cette humilité attire le regard de Dieu.
Entre les murs de la maison de Nazareth, nous découvrons ainsi une qualité admirable. Quel est l'état du cœur de Marie ? Ayant reçu les plus grands éloges, elle est troublée car elle sent que ce qu'elle ne s'attribuait pas lui est adressé. Marie, en effet, ne s'attribue aucun privilège, ne revendique rien, n'attribue rien à son propre mérite. Elle ne fait preuve d'aucune suffisance, elle ne s'enorgueillit pas. Car dans son humilité, elle sait qu'elle reçoit tout de Dieu. Elle est donc libre d'elle-même, entièrement tournée vers Dieu et vers les autres. Marie Immaculée n'a pas d'yeux pour elle-même. Voilà la véritable humilité : ne pas avoir d'yeux pour soi-même, mais pour Dieu et pour les autres.
Souvenons-nous que cette perfection de Marie, pleine de grâce, est proclamée par l'ange entre les murs de sa maison : non pas sur la place principale de Nazareth, mais là, dans le secret, dans la plus grande humilité. Dans cette petite maison de Nazareth battait le plus grand cœur qu'une créature ait jamais connu. Chers frères et sœurs, c'est une nouvelle extraordinaire pour nous ! Car elle nous révèle que le Seigneur, pour accomplir des merveilles, n'a pas besoin de grands moyens ni de nos talents exceptionnels, mais de notre humilité, de notre ouverture à Lui et aux autres. Par cette annonce, entre les humbles murs d'une petite maison, Dieu a changé le cours de l'histoire. Aujourd'hui encore, Il désire accomplir de grandes choses avec nous dans notre vie quotidienne : dans nos familles, au travail, dans notre environnement de tous les jours. C'est là, plus que dans les grands événements de l'histoire, que la grâce de Dieu aime agir. Mais, je me demande, y croyons-nous ? Ou pensons-nous que la sainteté est une utopie, un privilège réservé aux initiés, une pieuse illusion incompatible avec la vie ordinaire ?
Demandons à Notre-Dame une grâce : qu’elle nous libère de l’idée trompeuse que l’Évangile et la vie sont deux choses distinctes ; qu’elle nous enflamme d’enthousiasme pour l’idéal de sainteté, qui ne se résume pas à des images pieuses et des cartes de prière, mais qui consiste à vivre chaque jour avec humilité et joie, à l’exemple de Notre-Dame, détachés de nous-mêmes, les yeux tournés vers Dieu et vers notre prochain. Ne perdons pas courage : le Seigneur a donné à chacun la matière nécessaire pour tisser la sainteté dans sa vie quotidienne ! Et lorsque le doute nous assaille quant à notre capacité à y parvenir, ou lorsque la tristesse de notre propre insuffisance nous accable, laissons-nous contempler par le regard miséricordieux de Notre-Dame, car nul n’a jamais été abandonné en implorant son aide !
(PAPE François ANGELUS, 8 décembre 2021)
TONINO BELLO – Marie, une femme accueillante. Cette phrase, tirée d’un texte conciliaire, est splendide par sa doctrine et sa concision. Elle affirme qu’à l’Annonciation, la Vierge Marie « accueillit le Verbe de Dieu dans son cœur et dans son corps ». Dans son cœur et dans son corps. Elle était, en somme, à la fois disciple et mère du Verbe. Disciple, car elle écouta le Verbe et le garda à jamais dans son cœur.
RispondiEliminaMère, car elle offrit son sein au Verbe et le porta pendant neuf mois dans le trésor de son corps. Saint Augustin ose dire que Marie fut plus grande pour avoir accueilli le Verbe dans son cœur que pour l’avoir accueilli dans son sein. Peut-être, pour saisir pleinement la beauté de cette vérité, les mots ne suffisent-ils pas. Il nous faut recourir à des images. Et quoi de mieux, dès lors, que de se référer à une célèbre icône orientale représentant Marie avec le divin Fils Jésus inscrit sur sa poitrine. On la connaît comme la Vierge du signe, mais on pourrait l'appeler la Vierge de l'accueil, car, les avant-bras levés, dans une attitude d'offrande ou d'abandon, elle apparaît comme un symbole vivant de l'hospitalité la plus gratuite. Elle a accueilli dans son cœur.
Autrement dit, elle a fait place dans ses pensées aux pensées de Dieu ; sans pour autant se sentir réduite au silence. Elle a offert de bon cœur le terreau vierge de son esprit à la germination du Verbe ; sans pour autant se sentir dépossédée de quoi que ce soit. Elle lui a joyeusement cédé le terrain le plus inviolable de sa vie intérieure, sans pour autant restreindre les espaces de sa liberté. Elle a donné au Seigneur une demeure permanente dans les chambres les plus secrètes de son âme ; sans pour autant ressentir sa présence comme une intrusion. Elle a accueilli dans son corps. Autrement dit, elle a ressenti le poids physique d'un autre être prenant place dans le sein de sa mère. Aussi, elle a-t-elle adapté son rythme à celui de son hôte. Elle a modifié ses habitudes, en accord avec une tâche qui, assurément, n'allège pas sa vie. Elle consacra ses jours à porter un être qui ne lui épargnerait ni soucis ni peines. Et puisque le fruit béni de ses entrailles était le Verbe de Dieu incarné pour le salut de l'humanité, elle comprit qu'elle avait contracté une dette d'accueil envers tous les enfants d'Ève, une dette qu'elle rembourserait par des larmes. Elle accueillit le Verbe de Dieu dans son cœur et dans son corps. Cette hospitalité fondamentale en dit long sur la manière d'accueillir Marie, dont l'Évangile ne parle pas, mais qu'il nous est facile d'imaginer. Personne ne fut jamais rejeté par elle.
Et tous trouvèrent refuge sous son ombre. Des voisins aux anciens compagnons de Nazareth. Des proches de Joseph aux amis d'enfance de son fils. Des pauvres du quartier aux pèlerins de passage. De Pierre en larmes après la trahison à Judas, qui ne la trouva peut-être pas chez elle ce soir-là…
Sainte Marie, femme accueillante, aide-nous à accueillir la Parole au plus profond de nos cœurs. À comprendre, comme toi, les interventions de Dieu dans nos vies. Il ne frappe pas à notre porte pour nous expulser, mais pour combler notre solitude de lumière. Il n'entre pas chez nous pour nous enchaîner, mais pour nous rendre le goût de la vraie liberté.
FAUSTI – La vie chrétienne porte en son cœur et a pour commencement et fin l’Incarnation du Verbe. Entièrement centrée sur ce mystère, elle est une actualisation continue, « aujourd’hui », du « oui » qui a attiré Dieu dans le monde. Marie est la figure de chaque croyant et de toute l’Église. Ce qui lui est arrivé doit arriver à chacun. Le « oui » de l’homme qui accueille et engendre le Verbe, de qui tout commence, est la finalité même de la création. Dieu a enfin trouvé la demeure dont le temple est une image.
RispondiEliminaC’est la rencontre qu’il a cherchée de toute éternité, le moment pour lequel le temps a commencé, le couronnement de son rêve d’Amour, la récompense de son œuvre, le fruit de son labeur.
Enfin, des profondeurs de sa création qui s’était éloignée de lui, un « oui » surgit, capable de l’attirer. Et il vient, s’unit à nous et s’engage pour toujours. Quelle joie pour Dieu de pouvoir dire à Marie : « Réjouis-toi ! » Après tant de tragédies, l'Époux trouve enfin l'Épouse de son cœur.
Ses souffrances sont enfin terminées. Il est enlacé par ceux qu'il aime. Son offrande trouve des mains qui l'accueillent, et le monde entier comprend, conçoit et embrasse ce sans quoi l'homme n'est plus homme. L'amour est aimé ; il a trouvé un foyer où demeurer, et la demeure de l'homme n'est plus déserte. L'Ange est la présence de Dieu dans sa Parole annoncée.
Notre foi en sa Parole l'accueille et nous unit à lui :
c'est la naissance de Dieu sur terre et de l'homme au ciel.
La Parole s'incarne en nous, ne nous quittant plus jamais, et l'Ange peut aller l'annoncer aux autres, jusqu'à ce que
le mystère accompli en Marie soit pleinement réalisé pour tous les hommes.
Le salut de tout homme est de devenir comme Marie : dire oui à la proposition d'Amour de Dieu, donner chair à sa Parole éternelle, engendrer le Fils dans le monde.
À l'Amour de Dieu qui le cherchait, dans sa désobéissance et sa fuite, Adam avait répondu : « Je me suis caché ! » (Genèse 3, 10). À présent, en Marie, l'humanité elle-même répond : « Me voici », à Celui qui a toujours dit « Me voici, me voici » à ceux qui ne Le cherchaient pas (Is 65, 1).
Dieu exulte d'une joie indicible.
L'amour, toujours rejeté, se sent désormais accueilli.
L'amour, toujours non aimé, se sent désormais aimé. Depuis des millénaires, de toute éternité, Il avait attendu ce moment où Sa créature Lui accorderait la grâce de dire : « Me voici », afin de la remplir de Sa présence.
Dieu est Avènement : Il vient nécessairement à l'homme, car Il est Amour.
L'homme attend : il tend nécessairement vers Lui, car il a besoin d'être aimé.
C'est pourquoi, lorsque l'homme L'attend et dit : « Me voici », Dieu ne peut manquer de venir. Ainsi, Il s'unit à lui en une seule chair : c'est le jour du Salut.
Mon « oui » à chaque Parole que j’entends me permet de l’accueillir : un fragment de l’histoire du Verbe, qui a pris demeure parmi nous, devient chair de ma chair.
Cette histoire, tout comme elle a commencé avec Marie et nous est parvenue, commence avec nous pour devenir chair en tous nos frères et sœurs, jusqu’aux extrémités de la terre. Telle est la mission de l’Église.