Lecture du jour Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 10, 34a.37-43)
En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 5, 6b-8)
Frères, ne savez-vous pas qu’un peu de levain suffit pour que fermente toute la pâte ? Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes le pain de la Pâque, celui qui n’a pas fermenté. Car notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ.
Ainsi, célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité.
Évangile du jour Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 1-9)
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.
Les paroles des Papes En méditant sur le mystère de la Résurrection, nous trouvons la réponse à notre soif de sens.
Face à notre fragile humanité, l'annonce pascale devient soin et guérison, elle nourrit l'espoir face aux défis effrayants que la vie nous pose chaque jour, tant au niveau personnel que planétaire. Dans la perspective de Pâques, la Via Crucis - le Chemin de Croix se transforme en Chemin de Lumière - Via Lucis. Nous avons besoin de savourer et de méditer la joie après la douleur, de revivre dans une lumière nouvelle toutes les étapes qui ont précédé la Résurrection.
Pâques n'élimine pas la croix, mais la vainc dans le duel prodigieux qui a changé l'histoire humaine. Notre époque également, marquée par tant de croix, invoque l'aube de l'espérance pascale. La Résurrection du Christ n'est pas une idée, une théorie, mais l'Événement qui est à la base de la foi. Lui, le Ressuscité, par l'Esprit Saint, continue de nous le rappeler, afin que nous puissions être ses témoins même là où l'histoire humaine ne voit pas la lumière à l'horizon. L'espérance pascale ne déçoit pas. Croire vraiment en la Pâques à travers le cheminement quotidien signifie révolutionner notre vie, être transformés pour transformer le monde avec la force douce et courageuse de l'espérance chrétienne. (Pape Léon XIV, audience générale, 5 novembre 2025)
BENOÎT XVI PÂQUES 2011 «In resurrectione tua, Christe, coeli et terra laetentur! Dans ta résurrection, ô Christ, le ciel et la terre se réjouissent » Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier!
Le matin de Pâques nous a rapporté l’annonce ancienne et toujours nouvelle: le Christ est ressuscité! L’écho de cet évènement, parti de Jérusalem il y a 20 siècles, continue de résonner dans l’Eglise qui garde vivante dans son cœur la foi vibrante de Marie, la Mère de Jésus, la foi de Madeleine et des autres femmes qui, les premières, virent le tombeau vide, la foi de Pierre et des autres Apôtres.
Jusqu’à ce jour – même à notre époque de communications ultra-technologiques –, la foi des chrétiens se base sur cette annonce, sur le témoignage de ces sœurs et de ces frères qui ont vu d’abord le rocher renversé et le tombeau vide, puis les mystérieux messagers qui attestaient que Jésus, le Crucifié, était ressuscité; ensuite lui-même, le Maître et Seigneur, vivant et tangible, qui était apparu à Marie de Magdala, aux deux disciples d’Emmaüs, enfin à tous les onze, réunis au Cénacle (cf. Mc 16, 9-14).
...> La résurrection du Christ n’est pas le fruit d’une spéculation, d’une expérience mystique: elle est un évènement, qui dépasse certainement l’histoire, mais qui se produit à un moment précis de l’histoire et laisse en elle une empreinte indélébile. La lumière qui a ébloui les gardes postés pour surveiller le tombeau de Jésus a traversé le temps et l’espace. C’est une lumière différente, divine, qui a déchiré les ténèbres de la mort et qui a introduit dans le monde la splendeur de Dieu, la splendeur de la Vérité et du Bien.
Comme les rayons du soleil, au printemps, font pousser et éclore les bourgeons sur les branches des arbres, de même, l’irradiation qui émane de la résurrection du Christ donne force et sens à toute espérance humaine, à toute attente, désir, projet. C’est pourquoi, le cosmos tout entier se réjouit aujourd’hui, participant au printemps de l’humanité, qui se fait l’interprète de l’hymne de louange muet de la création. L’alleluia pascal, qui résonne dans l’Eglise pérégrinante dans le monde, exprime l’allégresse silencieuse de l’univers, et surtout l’aspiration ardente de toute âme humaine sincèrement ouverte à Dieu, bien plus, reconnaissante pour sa bonté, sa beauté et sa vérité infinies.
«Dans ta résurrection, ô Christ, le ciel et la terre se réjouissent». À cette invitation à la louange qui s’élève aujourd’hui du cœur de l’Eglise, les «cieux» répondent pleinement: les foules des anges, des saints et des bienheureux s’unissent unanimes à notre exultation. Au ciel, tout est paix et joie. Mais il n’en est malheureusement pas ainsi sur la terre! Ici, en ce monde, l’alleluia pascal contraste encore avec les gémissements et les cris qui proviennent de nombreuses situations douloureuses: misère, faim, maladies, guerres, violences. Pourtant, c’est précisément pour cela que le Christ est mort et ressuscité! Il est mort aussi à cause de nos péchés d’aujourd’hui, et il est ressuscité aussi pour la rédemption de notre histoire d’aujourd’hui. Mon message veut donc rejoindre tout le monde et, comme annonce prophétique, en particulier les peuples et les communautés qui souffrent un temps de passion, pour que le Christ ressuscité leur ouvre le chemin de la liberté, de la justice et de la paix.
Puisse se réjouir la terre qui, tout d’abord, a été inondée par la lumière du Ressuscité! Que l’éclat du Christ atteigne aussi les peuples du Moyen-Orient, afin que la lumière de la paix et de la dignité humaine l’emporte sur les ténèbres de la division, de la haine et des violences. ... ... Que se réjouissent le ciel et la terre pour le témoignage de tous ceux qui souffrent l’opposition, ou même la persécution pour leur foi dans le Seigneur Jésus. Que l’annonce de sa résurrection victorieuse leur donne courage et confiance.
Chers frères et sœurs! Le Christ ressuscité marche devant nous vers les cieux nouveaux et la terre nouvelle (cf. Ap 21, 1), où finalement nous vivrons tous comme une unique famille, enfants du même Père. Il est avec nous jusqu’à la fin des temps. Marchons derrière lui, dans ce monde blessé, en chantant l’alleluia. Dans notre cœur, il y a joie et douleur, sur notre visage sourires et larmes. C’est là notre réalité terrestre. Mais le Christ est ressuscité, il est vivant et il marche avec nous. C’est pourquoi nous chantons et nous marchons, fidèles à notre engagement en ce monde, le regard tourné vers le ciel.
FRANÇOIS 8 avril 2022 La nuit s’achève et les premières lueurs de l’aube apparaissent lorsque les femmes se mettent en route vers le tombeau de Jésus. Elles avancent incertaines, perdues, le cœur déchiré par la douleur de la mort qui a emporté le Bien-Aimé. Mais en arrivant sur place et voyant le tombeau vide, elles rebroussent chemin, elles changent de route. Elles quittent le tombeau et courent annoncer aux disciples un chemin nouveau : Jésus est ressuscité et les attend en Galilée. Dans la vie de ces femmes, la Pâques, qui signifie passage, a eu lieu. En effet, elles passent de la marche triste vers le tombeau à la course joyeuse vers les disciples, pour leur dire non seulement que le Seigneur est ressuscité, mais qu’une destination est à atteindre immédiatement, la Galilée. C’est là qu’a lieu le rendez-vous avec le Ressuscité. La renaissance des disciples, la résurrection de leur cœur passe par la Galilée. Entrons, nous aussi, dans cette marche des disciples qui va du tombeau à la Galilée.
Les femmes, dit l’Évangile, « vinrent pour regarder le sépulcre » (Mt 28, 1). Elles pensent que Jésus se trouve au lieu de la mort et que tout est fini pour toujours. Il nous arrive parfois aussi de penser que la joie de la rencontre avec Jésus appartient au passé, alors que dans le présent nous connaissons surtout des tombes scellées : celles de nos déceptions, de nos amertumes et de nos découragements, celles du “il n’y a plus rien à faire”, “les choses ne changeront jamais”, “mieux vaut vivre au jour le jour” parce que “du lendemain, il n’y a pas de certitude”. Nous aussi, si nous avons été rongés par le chagrin, opprimés par la tristesse, humiliés par le péché, aigris par un échec ou assaillis par des soucis, nous avons connu le goût amer de la lassitude et nous avons vu s’éteindre la joie de notre cœur.
Parfois, nous avons simplement ressenti la difficulté de bien gérer le quotidien, fatigués de prendre des risques personnels face au mur de caoutchouc d’un monde où les lois du plus malin et du plus forts semblent toujours prévaloir. D’autres fois, nous nous sommes sentis impuissants et découragés face à la puissance du mal, aux conflits qui déchirent les relations, aux logiques du calcul et de l’indifférence qui semblent gouverner la société, au cancer de la corruption –il y en a beaucoup -, à la propagation de l’injustice, aux vents glacés de la guerre. Il se peut aussi que nous ayons été confrontés à la mort, parce qu’elle nous a arraché la douce présence de nos proches, ou parce qu’elle nous a frôlés dans la maladie ou dans les calamités, et que nous ayons été facilement en proie à la déception et que la source de l’espérance se soit tarie. Ainsi, en raison de ces situations ou d’autres encore – chacun de nous connaît les siennes -, nos chemins s’arrêtent devant des tombes, et nous restons immobiles à pleurer et à regretter, seuls et impuissants à nous répéter nos “pourquoi”. Cette chaine des “pourquoi”…
---->Au contraire, les femmes de Pâques ne sont pas restées paralysées devant un tombeau, mais, nous dit l’Évangile, « elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples » (v. 8). Elles apportent la nouvelle qui changera à jamais la vie et l’histoire : le Christ est ressuscité ! (cf. v. 6). Et, en même temps, elles gardent et transmettent la recommandation du Seigneur, son invitation aux disciples : qu’ils aillent en Galilée, car c’est là qu’ils le verront (cf. v. 7). Mais, frères et sœurs, nous nous demandons aujourd’hui : que signifie aller en Galilée ? Deux choses : d’une part, sortir de la fermeture du cénacle pour aller dans la région habitée par les peuples (cf. Mt 4,15), sortir de la clandestinité pour s’ouvrir à la mission, échapper à la peur pour marcher vers l’avenir. Et d’autre part - et c’est très beau -, cela signifie revenir aux origines, car c’est précisément en Galilée que tout a commencé. C’est là que le Seigneur avait rencontré et appelé les disciples pour la première fois. Aller en Galilée, c’est revenir donc à la grâce originelle, c’est retrouver la mémoire qui régénère l’espérance, la “mémoire de l’avenir” dont nous avons été marqués par le Seigneur Ressuscité. Voilà donc ce que fait la Pâque du Seigneur : elle nous pousse à avancer, à sortir du sentiment de défaite, à rouler la pierre des tombeaux dans lesquels nous enfermons souvent l’espérance, à regarder l’avenir avec confiance, parce que le Christ est ressuscité et a changé le cours de l’histoire ; mais, pour cela, la Pâque du Seigneur nous ramène à notre passé de grâce, elle nous fait retourner en Galilée, là où notre histoire d’amour avec Jésus a commencé, où le premier appel a eu lieu. Elle nous demande de revivre ce moment, cette situation, cette expérience dans laquelle nous avons rencontré le Seigneur, fait l’expérience de son amour et reçu un regard nouveau et lumineux sur nous-mêmes, sur la réalité, sur le mystère de la vie. Frères et sœurs, pour ressusciter, pour recommencer, pour reprendre notre route, nous avons toujours besoin de retourner en Galilée, c’est-à-dire de retourner non pas à un Jésus abstrait, idéal, mais à la mémoire vivante, à la mémoire concrète, palpitante de notre première rencontre avec Lui. Oui, pour marcher, il faut se souvenir ; pour espérer, il faut nourrir la mémoire. Telle est l’invitation : souviens-toi et marche ! Si tu retrouves le premier amour, l’émerveillement et la joie de la rencontre avec Dieu, tu avanceras. Souviens-toi et marche.
Souviens-toi de ta Galilée et marche vers ta Galilée. C’est le “lieu” où tu as connu Jésus en personne, où pour toi Il n’est pas resté un personnage historique comme les autres, mais est devenu la personne de la vie : non pas un Dieu lointain, mais le Dieu proche, qui te connaît plus que tout autre et qui t’aime plus que n’importe qui. Frère, sœur, fais mémoire de la Galilée, de ta Galilée : de ton appel, de cette Parole de Dieu qui t’a parlé à un moment précis ; de cette forte expérience dans l’Esprit, de la plus grande joie du pardon ressentie après cette Confession, de ce moment de prière intense et inoubliable, de cette lumière qui s’est allumée à l’intérieur et qui a transformé ta vie, de cette rencontre, de ce pèlerinage... Chacun de nous sait où se trouve sa Galilée, chacun connaît son lieu de résurrection intérieure, le premier, le fondement, celui qui a changé les choses. Nous ne pouvons pas le laisser au passé, le Ressuscité nous invite à y aller pour faire la Pâque. Souviens-toi de ta Galilée, fais-en mémoire, ravive-la aujourd’hui. Retourne à cette première rencontre. Demande-toi comment c’était et quand c’était, reconstruis-en le contexte, l’époque et le lieu, éprouves-en de nouveau l’émotion et les sensations, revis-en les couleurs et les saveurs. Car c’est quand tu as oublié ce premier amour, c’est quand tu as oublié cette première rencontre, que la poussière a commencé à se déposer sur ton cœur. Et tu as connu la tristesse et, comme pour les disciples, tout t’a semblé sans perspective, avec un rocher pour sceller l’espérance. Mais aujourd’hui, frère et sœur, la force de Pâques invite à rouler les pierres de la déception et de la défiance ; le Seigneur, expert dans le renversement des pierres tombales du péché et de la peur, veut illuminer ta mémoire sainte, ton plus beau souvenir, rendre actuelle cette première rencontre avec Lui. Souviens-toi et marche : reviens à Lui, trouve en toi la grâce de la résurrection de Dieu ! Retourne en Galilée, retourne à ta Galilée. Frères, sœurs, suivons Jésus en Galilée, rencontrons-le et adorons-le là où il attend chacun de nous. Ravivons la beauté du moment où, l’ayant découvert vivant, nous l’avons proclamé Seigneur de notre vie. Retournons en Galilée, la Galilée du premier amour : que chacun retourne dans sa Galilée, celle de la première rencontre, et ressuscitons à la vie nouvelle !
FAUSTI La grande surprise au matin de la nouvelle Pâque, c'est le tombeau vide. Comment se fait-il que le Seigneur ne soit pas là où il a été placé, où chacun est ou sera placé pour toujours ? Mary ne peut pas comprendre. Elle court pour annoncer la disparition de Jésus. Elle pense qu'ils L'ont volé. Elle ne comprend toujours pas que l'amour vainc la mort. Marie ne parle pas du "Corps" de Jésus, mais du "Seigneur". Elle ignore qu'ils n'ont pas "sorti" le Seigneur du tombeau. C'est Lui qui a pris la pierre du tombeau, et pour toujours et à jamais. Mary pense que les ennemis L'ont mis ailleurs. Le linge tendu, le linceul écarté, sont les signes que le Seigneur n'est pas là et n'a pas été volé. En voyant cela, le disciple bien-aimé croit en Jésus, Seigneur de la vie, même sans l'avoir vu. Il est le prototype de ceux qui, après lui, croiront en Jésus sans le voir, à travers les signes que l'évangéliste lui-même raconte (vv 30-31).Jean, conscient d'être le dernier parmi ceux qui ont vu Jésus, déclare l'importance de "croire sans voir". Cet "autre" disciple voit avec le cœur. L'amour est le principe de la foi, qui donne la vie. Le lien entre voir et croire signifie que la foi, loin d'être aveugle, est un œil ouvert sur la réalité. Rien n'est dit sur Peter. On peut supposer, sans violence au texte, que l'auteur veut montrer en lui l'aspect objectif de la foi : la tombe est vide et le corps n'a pas été volé. Dans le disciple bien-aimé, il met plutôt en évidence l'aspect subjectif de la foi. L'amour "voit" les signes et "croit en Jésus ressuscité, sans l'avoir vu". En Marie, enfin, suivie des deux autres disciples et de Thomas, il est fait référence à l'expérience fondatrice réservée à ceux qui nous transmettent l'annonce de la Résurrection : ils voient et touchent le Ressuscité. Enfin, nous venons, qui croyons en leur témoignage. . La fraternité nous ouvre à tous les peuples, jusqu'au bout du monde. Chaque événement, unique et incomparable, n'est vu que par ceux qui sont proches dans le temps et l'espace. Cependant, la parole de ceux qui en sont témoins la rend présente aussi à ceux qui l'écoutent. Le thème de John 20 est la relation entre "voir et croire" (8-29) : on voit un fait et on croit ce qu'il signifie. L'homme est celui qui sait lire la réalité. Chaque événement est un signe, qui n'est significatif que pour ceux qui le comprennent. La foi n'est pas aveugle : c'est l'intelligence qui saisit le sens des faits et réalise pourquoi ils sont tels et non différents. Croire n'est pas crédulité, mais lecture la plus raisonnable de la réalité. Les premiers disciples, contemporains de Jésus, croient en Lui non seulement parce qu'ils l'ont vu ressuscité, mais aussi parce qu'ils ont fait l'expérience de ce que signifie pour eux le fait qu'Il soit ressuscité. Nous, qui venons plus tard, croyons en leur Parole. En acceptant leur témoignage, nous voyons avec leurs yeux. Cependant, quiconque croit, qu'il ait vu ou non, fait la même expérience : il adhère avec amour au Seigneur ressuscité et vit de son Esprit. La promesse du Seigneur n'est compréhensible qu'après son accomplissement et à la lumière de son Esprit d'Amour (14:26). C'est pourquoi les disciples ne peuvent croire aux Écritures et à la Parole de Jésus qu'après Sa Résurrection. Il reste toujours un voile sur le visage de ceux qui lisent l'Écriture, qui est éliminé par la conversion au Christ Seigneur. Et cela est donné à ceux qui ont contemplé Son Amour et l'aiment. Pour nous, qui venons après les premiers qui l'ont vu et touché, les évangiles et toute l'Écriture deviennent comme le Corps du Christ : ils sont le signe dans lequel nous Le rencontrons et Le voyons Ressuscité.
Lecture du jour
RispondiEliminaLecture du livre des Actes des Apôtres
(Ac 10, 34a.37-43)
En ces jours-là,
quand Pierre arriva à Césarée
chez un centurion de l’armée romaine,
il prit la parole et dit :
« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs,
depuis les commencements en Galilée,
après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth,
Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance.
Là où il passait, il faisait le bien
et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable,
car Dieu était avec lui.
Et nous, nous sommes témoins
de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem.
Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice,
Dieu l’a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se manifester,
non pas à tout le peuple,
mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance,
à nous qui avons mangé et bu avec lui
après sa résurrection d’entre les morts.
Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner
que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts.
C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage :
Quiconque croit en lui
reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
(1 Co 5, 6b-8)
Frères,
ne savez-vous pas qu’un peu de levain suffit
pour que fermente toute la pâte ?
Purifiez-vous donc des vieux ferments,
et vous serez une pâte nouvelle,
vous qui êtes le pain de la Pâque,
celui qui n’a pas fermenté.
Car notre agneau pascal a été immolé :
c’est le Christ.
Ainsi, célébrons la Fête,
non pas avec de vieux ferments,
non pas avec ceux de la perversité et du vice,
mais avec du pain non fermenté,
celui de la droiture et de la vérité.
Évangile du jour
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
(Jn 20, 1-9)
Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres.
Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple,
celui que Jésus aimait,
et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple
pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;
cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau ;
il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus,
non pas posé avec les linges,
mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.
EliminaLes paroles des Papes
En méditant sur le mystère de la Résurrection, nous trouvons la réponse à notre soif de sens.
Face à notre fragile humanité, l'annonce pascale devient soin et guérison, elle nourrit l'espoir face aux défis effrayants que la vie nous pose chaque jour, tant au niveau personnel que planétaire. Dans la perspective de Pâques, la Via Crucis - le Chemin de Croix se transforme en Chemin de Lumière - Via Lucis. Nous avons besoin de savourer et de méditer la joie après la douleur, de revivre dans une lumière nouvelle toutes les étapes qui ont précédé la Résurrection.
Pâques n'élimine pas la croix, mais la vainc dans le duel prodigieux qui a changé l'histoire humaine. Notre époque également, marquée par tant de croix, invoque l'aube de l'espérance pascale. La Résurrection du Christ n'est pas une idée, une théorie, mais l'Événement qui est à la base de la foi. Lui, le Ressuscité, par l'Esprit Saint, continue de nous le rappeler, afin que nous puissions être ses témoins même là où l'histoire humaine ne voit pas la lumière à l'horizon. L'espérance pascale ne déçoit pas. Croire vraiment en la Pâques à travers le cheminement quotidien signifie révolutionner notre vie, être transformés pour transformer le monde avec la force douce et courageuse de l'espérance chrétienne. (Pape Léon XIV, audience générale, 5 novembre 2025)
BENOÎT XVI PÂQUES 2011
Elimina«In resurrectione tua, Christe, coeli et terra laetentur! Dans ta résurrection, ô Christ, le ciel et la terre se réjouissent »
Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier!
Le matin de Pâques nous a rapporté l’annonce ancienne et toujours nouvelle: le Christ est ressuscité! L’écho de cet évènement, parti de Jérusalem il y a 20 siècles, continue de résonner dans l’Eglise qui garde vivante dans son cœur la foi vibrante de Marie, la Mère de Jésus, la foi de Madeleine et des autres femmes qui, les premières, virent le tombeau vide, la foi de Pierre et des autres Apôtres.
Jusqu’à ce jour – même à notre époque de communications ultra-technologiques –, la foi des chrétiens se base sur cette annonce, sur le témoignage de ces sœurs et de ces frères qui ont vu d’abord le rocher renversé et le tombeau vide, puis les mystérieux messagers qui attestaient que Jésus, le Crucifié, était ressuscité; ensuite lui-même, le Maître et Seigneur, vivant et tangible, qui était apparu à Marie de Magdala, aux deux disciples d’Emmaüs, enfin à tous les onze, réunis au Cénacle (cf. Mc 16, 9-14).
Elimina...> La résurrection du Christ n’est pas le fruit d’une spéculation, d’une expérience mystique: elle est un évènement, qui dépasse certainement l’histoire, mais qui se produit à un moment précis de l’histoire et laisse en elle une empreinte indélébile. La lumière qui a ébloui les gardes postés pour surveiller le tombeau de Jésus a traversé le temps et l’espace. C’est une lumière différente, divine, qui a déchiré les ténèbres de la mort et qui a introduit dans le monde la splendeur de Dieu, la splendeur de la Vérité et du Bien.
Comme les rayons du soleil, au printemps, font pousser et éclore les bourgeons sur les branches des arbres, de même, l’irradiation qui émane de la résurrection du Christ donne force et sens à toute espérance humaine, à toute attente, désir, projet. C’est pourquoi, le cosmos tout entier se réjouit aujourd’hui, participant au printemps de l’humanité, qui se fait l’interprète de l’hymne de louange muet de la création. L’alleluia pascal, qui résonne dans l’Eglise pérégrinante dans le monde, exprime l’allégresse silencieuse de l’univers, et surtout l’aspiration ardente de toute âme humaine sincèrement ouverte à Dieu, bien plus, reconnaissante pour sa bonté, sa beauté et sa vérité infinies.
«Dans ta résurrection, ô Christ, le ciel et la terre se réjouissent». À cette invitation à la louange qui s’élève aujourd’hui du cœur de l’Eglise, les «cieux» répondent pleinement: les foules des anges, des saints et des bienheureux s’unissent unanimes à notre exultation. Au ciel, tout est paix et joie. Mais il n’en est malheureusement pas ainsi sur la terre! Ici, en ce monde, l’alleluia pascal contraste encore avec les gémissements et les cris qui proviennent de nombreuses situations douloureuses: misère, faim, maladies, guerres, violences. Pourtant, c’est précisément pour cela que le Christ est mort et ressuscité! Il est mort aussi à cause de nos péchés d’aujourd’hui, et il est ressuscité aussi pour la rédemption de notre histoire d’aujourd’hui. Mon message veut donc rejoindre tout le monde et, comme annonce prophétique, en particulier les peuples et les communautés qui souffrent un temps de passion, pour que le Christ ressuscité leur ouvre le chemin de la liberté, de la justice et de la paix.
Puisse se réjouir la terre qui, tout d’abord, a été inondée par la lumière du Ressuscité! Que l’éclat du Christ atteigne aussi les peuples du Moyen-Orient, afin que la lumière de la paix et de la dignité humaine l’emporte sur les ténèbres de la division, de la haine et des violences. ... ...
Que se réjouissent le ciel et la terre pour le témoignage de tous ceux qui souffrent l’opposition, ou même la persécution pour leur foi dans le Seigneur Jésus. Que l’annonce de sa résurrection victorieuse leur donne courage et confiance.
Chers frères et sœurs! Le Christ ressuscité marche devant nous vers les cieux nouveaux et la terre nouvelle (cf. Ap 21, 1), où finalement nous vivrons tous comme une unique famille, enfants du même Père. Il est avec nous jusqu’à la fin des temps. Marchons derrière lui, dans ce monde blessé, en chantant l’alleluia. Dans notre cœur, il y a joie et douleur, sur notre visage sourires et larmes. C’est là notre réalité terrestre.
Mais le Christ est ressuscité, il est vivant et il marche avec nous.
C’est pourquoi nous chantons et nous marchons, fidèles à notre engagement en ce monde, le regard tourné vers le ciel.
Bonnes Pâques à tous!
FRANÇOIS 8 avril 2022
RispondiEliminaLa nuit s’achève et les premières lueurs de l’aube apparaissent lorsque les femmes se mettent en route vers le tombeau de Jésus. Elles avancent incertaines, perdues, le cœur déchiré par la douleur de la mort qui a emporté le Bien-Aimé. Mais en arrivant sur place et voyant le tombeau vide, elles rebroussent chemin, elles changent de route. Elles quittent le tombeau et courent annoncer aux disciples un chemin nouveau : Jésus est ressuscité et les attend en Galilée. Dans la vie de ces femmes, la Pâques, qui signifie passage, a eu lieu. En effet, elles passent de la marche triste vers le tombeau à la course joyeuse vers les disciples, pour leur dire non seulement que le Seigneur est ressuscité, mais qu’une destination est à atteindre immédiatement, la Galilée. C’est là qu’a lieu le rendez-vous avec le Ressuscité. La renaissance des disciples, la résurrection de leur cœur passe par la Galilée. Entrons, nous aussi, dans cette marche des disciples qui va du tombeau à la Galilée.
Les femmes, dit l’Évangile, « vinrent pour regarder le sépulcre » (Mt 28, 1). Elles pensent que Jésus se trouve au lieu de la mort et que tout est fini pour toujours. Il nous arrive parfois aussi de penser que la joie de la rencontre avec Jésus appartient au passé, alors que dans le présent nous connaissons surtout des tombes scellées : celles de nos déceptions, de nos amertumes et de nos découragements, celles du “il n’y a plus rien à faire”, “les choses ne changeront jamais”, “mieux vaut vivre au jour le jour” parce que “du lendemain, il n’y a pas de certitude”. Nous aussi, si nous avons été rongés par le chagrin, opprimés par la tristesse, humiliés par le péché, aigris par un échec ou assaillis par des soucis, nous avons connu le goût amer de la lassitude et nous avons vu s’éteindre la joie de notre cœur.
Parfois, nous avons simplement ressenti la difficulté de bien gérer le quotidien, fatigués de prendre des risques personnels face au mur de caoutchouc d’un monde où les lois du plus malin et du plus forts semblent toujours prévaloir. D’autres fois, nous nous sommes sentis impuissants et découragés face à la puissance du mal, aux conflits qui déchirent les relations, aux logiques du calcul et de l’indifférence qui semblent gouverner la société, au cancer de la corruption –il y en a beaucoup -, à la propagation de l’injustice, aux vents glacés de la guerre. Il se peut aussi que nous ayons été confrontés à la mort, parce qu’elle nous a arraché la douce présence de nos proches, ou parce qu’elle nous a frôlés dans la maladie ou dans les calamités, et que nous ayons été facilement en proie à la déception et que la source de l’espérance se soit tarie. Ainsi, en raison de ces situations ou d’autres encore – chacun de nous connaît les siennes -, nos chemins s’arrêtent devant des tombes, et nous restons immobiles à pleurer et à regretter, seuls et impuissants à nous répéter nos “pourquoi”. Cette chaine des “pourquoi”…
Elimina---->Au contraire, les femmes de Pâques ne sont pas restées paralysées devant un tombeau, mais, nous dit l’Évangile, « elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples » (v. 8). Elles apportent la nouvelle qui changera à jamais la vie et l’histoire : le Christ est ressuscité ! (cf. v. 6). Et, en même temps, elles gardent et transmettent la recommandation du Seigneur, son invitation aux disciples : qu’ils aillent en Galilée, car c’est là qu’ils le verront (cf. v. 7). Mais, frères et sœurs, nous nous demandons aujourd’hui : que signifie aller en Galilée ? Deux choses : d’une part, sortir de la fermeture du cénacle pour aller dans la région habitée par les peuples (cf. Mt 4,15), sortir de la clandestinité pour s’ouvrir à la mission, échapper à la peur pour marcher vers l’avenir. Et d’autre part - et c’est très beau -, cela signifie revenir aux origines, car c’est précisément en Galilée que tout a commencé. C’est là que le Seigneur avait rencontré et appelé les disciples pour la première fois. Aller en Galilée, c’est revenir donc à la grâce originelle, c’est retrouver la mémoire qui régénère l’espérance, la “mémoire de l’avenir” dont nous avons été marqués par le Seigneur Ressuscité.
Voilà donc ce que fait la Pâque du Seigneur : elle nous pousse à avancer, à sortir du sentiment de défaite, à rouler la pierre des tombeaux dans lesquels nous enfermons souvent l’espérance, à regarder l’avenir avec confiance, parce que le Christ est ressuscité et a changé le cours de l’histoire ; mais, pour cela, la Pâque du Seigneur nous ramène à notre passé de grâce, elle nous fait retourner en Galilée, là où notre histoire d’amour avec Jésus a commencé, où le premier appel a eu lieu. Elle nous demande de revivre ce moment, cette situation, cette expérience dans laquelle nous avons rencontré le Seigneur, fait l’expérience de son amour et reçu un regard nouveau et lumineux sur nous-mêmes, sur la réalité, sur le mystère de la vie. Frères et sœurs, pour ressusciter, pour recommencer, pour reprendre notre route, nous avons toujours besoin de retourner en Galilée, c’est-à-dire de retourner non pas à un Jésus abstrait, idéal, mais à la mémoire vivante, à la mémoire concrète, palpitante de notre première rencontre avec Lui. Oui, pour marcher, il faut se souvenir ; pour espérer, il faut nourrir la mémoire. Telle est l’invitation : souviens-toi et marche ! Si tu retrouves le premier amour, l’émerveillement et la joie de la rencontre avec Dieu, tu avanceras. Souviens-toi et marche.
Souviens-toi de ta Galilée et marche vers ta Galilée. C’est le “lieu” où tu as connu Jésus en personne, où pour toi Il n’est pas resté un personnage historique comme les autres, mais est devenu la personne de la vie : non pas un Dieu lointain, mais le Dieu proche, qui te connaît plus que tout autre et qui t’aime plus que n’importe qui. Frère, sœur, fais mémoire de la Galilée, de ta Galilée : de ton appel, de cette Parole de Dieu qui t’a parlé à un moment précis ; de cette forte expérience dans l’Esprit, de la plus grande joie du pardon ressentie après cette Confession, de ce moment de prière intense et inoubliable, de cette lumière qui s’est allumée à l’intérieur et qui a transformé ta vie, de cette rencontre, de ce pèlerinage... Chacun de nous sait où se trouve sa Galilée, chacun connaît son lieu de résurrection intérieure, le premier, le fondement, celui qui a changé les choses. Nous ne pouvons pas le laisser au passé, le Ressuscité nous invite à y aller pour faire la Pâque. Souviens-toi de ta Galilée, fais-en mémoire, ravive-la aujourd’hui. Retourne à cette première rencontre. Demande-toi comment c’était et quand c’était, reconstruis-en le contexte, l’époque et le lieu, éprouves-en de nouveau l’émotion et les sensations, revis-en les couleurs et les saveurs. Car c’est quand tu as oublié ce premier amour, c’est quand tu as oublié cette première rencontre, que la poussière a commencé à se déposer sur ton cœur. Et tu as connu la tristesse et, comme pour les disciples, tout t’a semblé sans perspective, avec un rocher pour sceller l’espérance. Mais aujourd’hui, frère et sœur, la force de Pâques invite à rouler les pierres de la déception et de la défiance ; le Seigneur, expert dans le renversement des pierres tombales du péché et de la peur, veut illuminer ta mémoire sainte, ton plus beau souvenir, rendre actuelle cette première rencontre avec Lui. Souviens-toi et marche : reviens à Lui, trouve en toi la grâce de la résurrection de Dieu ! Retourne en Galilée, retourne à ta Galilée.
EliminaFrères, sœurs, suivons Jésus en Galilée, rencontrons-le et adorons-le là où il attend chacun de nous. Ravivons la beauté du moment où, l’ayant découvert vivant, nous l’avons proclamé Seigneur de notre vie. Retournons en Galilée, la Galilée du premier amour : que chacun retourne dans sa Galilée, celle de la première rencontre, et ressuscitons
à la vie nouvelle !
FAUSTI
RispondiEliminaLa grande surprise au matin de la nouvelle Pâque, c'est le tombeau vide.
Comment se fait-il que le Seigneur ne soit pas là où il a été placé, où chacun est ou sera placé pour toujours ?
Mary ne peut pas comprendre.
Elle court pour annoncer la disparition de Jésus.
Elle pense qu'ils L'ont volé.
Elle ne comprend toujours pas que l'amour vainc la mort.
Marie ne parle pas du "Corps" de Jésus, mais du "Seigneur".
Elle ignore qu'ils n'ont pas "sorti" le Seigneur du tombeau. C'est Lui qui a pris la pierre du tombeau, et pour toujours et à jamais. Mary pense que les ennemis L'ont mis ailleurs. Le linge tendu, le linceul écarté, sont les signes que le Seigneur n'est pas là et n'a pas été volé. En voyant cela, le disciple bien-aimé croit en Jésus, Seigneur de la vie, même sans l'avoir vu. Il est le prototype de ceux qui, après lui, croiront en Jésus sans le voir, à travers les signes que l'évangéliste lui-même raconte (vv 30-31).Jean, conscient d'être le dernier parmi ceux qui ont vu Jésus, déclare l'importance de "croire sans voir".
Cet "autre" disciple voit avec le cœur.
L'amour est le principe de la foi, qui donne la vie.
Le lien entre voir et croire signifie que la foi, loin d'être aveugle, est un œil ouvert sur la réalité.
Rien n'est dit sur Peter. On peut supposer, sans violence au texte, que l'auteur veut montrer en lui l'aspect objectif de la foi : la tombe est vide et le corps n'a pas été volé.
Dans le disciple bien-aimé, il met plutôt en évidence l'aspect subjectif de la foi.
L'amour "voit" les signes et "croit en Jésus ressuscité, sans l'avoir vu".
En Marie, enfin, suivie des deux autres disciples et de Thomas, il est fait référence à l'expérience fondatrice réservée à ceux qui nous transmettent l'annonce de la Résurrection : ils voient et touchent le Ressuscité.
Enfin, nous venons, qui croyons en leur témoignage. .
La fraternité nous ouvre à tous les peuples, jusqu'au bout du monde.
Chaque événement, unique et incomparable, n'est vu que par ceux qui sont proches dans le temps et l'espace.
Cependant, la parole de ceux qui en sont témoins la rend présente aussi à ceux qui l'écoutent. Le thème de John 20 est la relation entre "voir et croire" (8-29) : on voit un fait et on croit ce qu'il signifie.
L'homme est celui qui sait lire la réalité. Chaque événement est un signe, qui n'est significatif que pour ceux qui le comprennent.
La foi n'est pas aveugle : c'est l'intelligence qui saisit le sens des faits et réalise pourquoi ils sont tels et non différents. Croire n'est pas crédulité, mais lecture la plus raisonnable de la réalité.
Les premiers disciples, contemporains de Jésus, croient en Lui non seulement parce qu'ils l'ont vu ressuscité, mais aussi parce qu'ils ont fait l'expérience de ce que signifie pour eux le fait qu'Il soit ressuscité.
Nous, qui venons plus tard, croyons en leur Parole.
En acceptant leur témoignage, nous voyons avec leurs yeux.
Cependant, quiconque croit, qu'il ait vu ou non, fait la même expérience : il adhère avec amour au Seigneur ressuscité et vit de son Esprit. La promesse du Seigneur n'est compréhensible qu'après son accomplissement et à la lumière de son Esprit d'Amour (14:26).
C'est pourquoi les disciples ne peuvent croire aux Écritures et à la Parole de Jésus qu'après Sa Résurrection. Il reste toujours un voile sur le visage de ceux qui lisent l'Écriture, qui est éliminé par la conversion au Christ Seigneur. Et cela est donné à ceux qui ont contemplé Son Amour et l'aiment.
Pour nous, qui venons après les premiers qui l'ont vu et touché, les évangiles et toute l'Écriture deviennent comme le Corps du Christ : ils sont le signe dans lequel nous Le rencontrons et Le voyons Ressuscité.