Livre d'Ézéchiel 37,12-14. Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.
Psaume 130(129) Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.
J'espère le Seigneur de toute mon âme ; je l'espère, et j'attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.
Oui, près du Seigneur, est l'amour ; près de lui, abonde le rachat. C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,8-11. Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11,1-45. En ce temps-là, il y avait quelqu'un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
--->-->Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
BENOÎT XVI ANGÉLUS 10 avril 2011 Deux semaines seulement nous séparent de Pâques et les lectures bibliques de ce dimanche parlent toutes de la Résurrection. Pas encore de celle de Jésus, qui fera irruption comme une nouveauté absolue, mais de notre résurrection, celle à laquelle nous aspirons, et que justement le Christ nous a donnée, en ressuscitant des morts. En effet, la mort représente pour nous comme un mur qui nous empêche de voir au-delà; et pourtant notre cœur se tend au-delà de ce mur, et même si nous ne pouvons pas connaître ce qu'il cache, pourtant nous y pensons, nous l'imaginons, en exprimant notre désir d'éternité par des symboles.
Au peuple juif, en exil loin de la Terre d'Israël, le prophète Ezéchiel annonce que Dieu ouvrira les tombeaux des déportés et les fera revenir sur leur terre, pour qu'ils y reposent en paix (cf. Ez 37, 12-14). Cette aspiration ancestrale de l'homme à être enterré avec ses ancêtres est une aspiration à une « patrie » qui l'accueille au terme des fatigues terrestres. Cette conception ne comporte pas encore l'idée d'une résurrection personnelle de la mort, qui apparaît seulement vers la fin de l'Ancien Testament, et qui n'était encore pas accueillie par tous les juifs au temps de Jésus. Du reste chez les chrétiens aussi, il n'est pas rare que la foi dans la résurrection et dans la vie éternelle s'accompagne de nombreux doutes, de beaucoup de confusion, parce qu'il s'agit toujours d'une réalité qui dépasse les limites de notre raison, et requiert un acte de foi. Dans l'Évangile d'aujourd'hui — la résurrection de Lazare — nous écoutons la voix de la foi dans la bouche de Marthe, sœur de Lazare. À Jésus qui lui dit : « Ton frère ressuscitera », elle répond : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection » (Jn 11, 23-24). Mais Jésus répond : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra » (Jn 11, 25-26). Voilà la véritable nouveauté, qui surgit et franchit toutes les barrières ! Le Christ abat le mur de la mort, en Lui habite toute la plénitude de Dieu, qui est la vie, la vie éternelle. C'est pourquoi la mort n'a pas eu de pouvoir sur lui : et la résurrection de Lazare est le signe de sa domination totale sur la mort physique, qui devant Dieu est comme un sommeil (cf. Jn 11, 11).
Mais il est une autre mort, qui a coûté au Christ la lutte la plus dure, et même le prix de la croix: c'est la mort spirituelle, le péché, qui menace de ruiner l'existence de chaque homme. Le Christ est mort pour vaincre cette mort, et sa résurrection n'est pas un retour à la vie précédente, mais l'ouverture d'une réalité nouvelle, une « terre nouvelle », finalement unie à nouveau au Ciel de Dieu. C'est pourquoi saint Paul écrit : « Si l'Esprit de Dieu, qui a ressuscité Jésus d'entre les morts, habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d'entre les morts, donnera la vie aussi à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8, 11). Chers frères, adressons-nous à la Vierge Marie, qui participe déjà à cette résurrection, afin qu'elle nous aide à dire avec foi : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Jn 11, 27), à découvrir vraiment qu’Il est notre salut.
"Lorsque nous invoquons Dieu, lorsque nous nous ouvrons à Lui, nous sommes d'abord nous-mêmes "faits nouveaux". Et, à l'inverse, lorsque le monde se ferme à Dieu, lorsqu'il détourne son regard de Lui, alors le monde devient comme une planète qui quitte son orbite de gravitation, et roule, sans but, dans l'abîme du néant. Le monde est alors comme une terre qui n'est plus éclairée par le soleil et sur laquelle la vie s'est éteinte. Quand l'homme perd Dieu, il ne sait plus être juste, parce qu'il a perdu le paramètre fondamental du jugement...". BENOÎT XVI
ANGÉLUS 26 mars 2023 Aujourd’hui, cinquième dimanche de Carême, l’Evangile nous présente la résurrection de Lazare (cf. Jn 11, 1-45). C’est le dernier des miracles de Jésus racontés avant Pâques: la résurrection de son ami Lazare. Lazare est un ami proche de Jésus, qui sait qu’il est sur le point de mourir; il se met en route, mais arrive chez lui quatre jours après l’enterrement, lorsque tout espoir est perdu. Sa présence ravive cependant un peu de confiance dans le cœur de ses sœurs Marthe et Marie (cf. vv. 22.27). Elles s’accrochent à cette lumière, à cette petite espérance, même dans la douleur. Et Jésus les invite à avoir la foi et leur demande d’ouvrir le tombeau. Puis il prie le Père et crie à Lazare: «Viens dehors!» (v. 43). Ce dernier revient à la vie et sort. C’est le miracle, ainsi, simple.
Le message est clair: Jésus donne la vie même quand il semble n’y avoir plus d’espoir. Il arrive parfois que l’on se sente désespéré — cela est arrivé à tous — ou que l’on rencontre des personnes qui ont cessé d’espérer, qui sont amères pare qu’elles ont vécu des choses difficiles, leur cœur blessé ne peut plus espérer. A cause d’une perte douloureuse, d’une maladie, d’une déception amère, d’un tort ou d’une trahison subis, d’une erreur grave commise.... Elles ont cessé d’espérer. Parfois, nous entendons des personnes dire: «Il n’y a plus rien à faire!» et elles ferment la porte à toute espérance. Ce sont des moments où la vie ressemble à un tombeau fermé: tout est sombre, on ne voit autour de soi que tristesse et désespoir. Le miracle d’aujourd’hui, nous dit que ce n’est pas le cas, que dans ces moments-là, nous ne sommes pas seuls, au contraire, c’est précisément dans ces moments-là qu’Il se fait plus proche que jamais pour nous redonner vie. Jésus pleure: l’Evangile dit que Jésus, devant le tombeau de Lazare, a pleuré, et aujourd’hui, Jésus pleure avec nous, comme il a pu pleurer pour Lazare: l’Evangile répète deux fois qu’il a été pris d’émotion (cf. v. 33.38) et souligne qu’il se mit à pleurer (cf. v. 35). Dans le même temps, Jésus nous invite à ne pas cesser de croire et d’espérer, à ne pas nous laisser écraser par des sentiments négatifs, qui ôtent les larmes. Il s’approche de nos tombeaux et nous dit, comme alors: «Enlevez la pierre» (v. 39). Dans ces moments, nous avons comme une pierre à l’intérieur et le seul capable de l’enlever est Jésus, avec ses paroles: «Enlevez la pierre».
C’est ce que Jésus nous dit aussi à chacun de nous. Enlevez la pierre: la douleur, les erreurs, même les échecs, ne les cachez pas à l’intérieur, dans une pièce sombre, solitaire et fermée. Enlevez la pierre: sortez tout ce qu’il y a à l’intérieur, «Mais j’ai honte». Jetez-le en moi avec confiance, dit le Seigneur, je ne me scandalise pas: jetez-le en moi sans crainte, parce que je suis avec vous, je vous aime et je veux que vous reveniez à la vie. Et, comme à Lazare, il répète à chacun de nous: Viens dehors! Lève-toi, remets-toi sur le chemin, reprends confiance! Combien de fois, dans la vie, nous sommes-nous retrouvés ainsi, dans cette situation de ne pas avoir la force de nous relever. Et Jésus dit: «Va, avance! Je te prendrai par la main, dit Jésus, comme lorsque tu étais enfant, tu apprenais à faire ses premiers pas. Cher frère, chère sœur, enlève les bandelettes qui te lient (cf. v. 45), s’il te plaît, ne cède pas au pessimisme qui déprime, ne cède pas à la peur qui isole, ne cède pas au découragement provoqué par le souvenir des mauvaises expériences, ne cède à la peur qui paralyse. Jésus nous dit: «Je te veux libre, je te veux vivant, je ne t’abandonne pas et je suis avec toi! Tout est obscur mais je suis avec toi! Ne te laissez pas emprisonner par la douleur, ne laissez pas mourir l’espérance. Frère, sœur, reviens à la vie!» — «Et comment puis-je le faire?» — «Prends ma main. Laisse-toi sortir dehors: et Lui est capable de le faire. Dans ces mauvais moments qui nous arrivent à tous.
Chers frères et sœurs, ce passage du chapitre 11 de l’Evangile de Jean qu’il fait beaucoup de bien de lire, est un hymne à la vie, et nous le proclamons quand Pâques approche. Peut-être que nous aussi, en ce moment, nous portons dans notre cœur un fardeau ou une souffrance qui semble nous écraser; quelque chose de mauvais, un vieux péché que nous n’arrivons pas à faire sortir, une erreur de jeunesse, on ne sait jamais. Ces choses mauvais doivent ressortir. Et Jésus dit: «Viens dehors!». Alors, le moment est venu d’enlever la pierre et d’aller à la rencontre de Jésus, qui est proche. Parvenons-nous à lui ouvrir notre cœur et lui confier nos préoccupations? Est-ce que nous le faisons? Parvenons-nous à ouvrir le tombeau des problèmes, en sommes-nous capables, et regarder au-delà du seuil, vers sa lumière, ou avons-nous peur de cela? Et à notre tour, en tant que petits miroirs de l’amour de Dieu, parvenons-nous à illuminer les milieux dans lesquels nous vivons avec des paroles et des gestes de vie? Témoignons-nous de l’espérance et de la joie de Jésus? Nous, pécheurs, tous? Et encore, je voudrais dire un mot aux confesseurs: chers frères, n’oubliez pas que vous aussi vous êtes pécheurs, et vous êtes au confessionnel non pas pour torturer, mais pour pardonner, et pardonner tout, comme le Seigneur pardonne tout; Que Marie, Mère de l’Espérance, renouvelle en nous la joie de ne pas nous sentir seuls et l’appel à apporter la lumière dans les ténèbres qui nous entourent.
FAUSTI- "Je suis la résurrection et la vie . Celui qui croit en moi, même s'il est mort, vivra", dit Jésus à Marthe. Car Il est la Vie et la Lumière, la Lumière qui brille dans les ténèbres, la Vie qui réveille de la mort. La dernière œuvre du Messie a été l'illumination de l'aveugle : il nous a ouvert les yeux sur la réalité, en nous montrant la vérité de Dieu et de l'homme. Il nous donne maintenant la liberté face à notre ultime but. La résurrection de Lazare nous ouvre les yeux sur la mort, hypothèque de toute vie. Regarder la mort dans les yeux et pénétrer son mystère est nécessaire pour vivre. Sinon, notre existence reste une fuite, forcée et inutile, de ce que nous savons être le point d'arrivée certain. Jésus ne nous sauve pas "de" la mort. C'est impossible, nous sommes mortels. Il nous sauve plutôt "dans" la mort. Il ne nous enlève pas la limitation nécessaire à notre existence, ni la dignité d'en être conscients. Mais Il nous offre de la comprendre en la vivant d'une manière nouvelle, divine. Chacune de nos limites, y compris les dernières, n'est pas une négation de nous-mêmes, mais un lieu de relation avec les autres et avec l'Autre. Au lieu de nous enfermer dans la défense ou l'attaque, nous pouvons nous ouvrir à la communion et nous réaliser à l'image de Dieu, qui est Amour. Nous sommes au dernier des "signes" qui révèlent la gloire du Fils de Dieu. Après ce récit suivra Sa Passion, qui réalise le sens de toute Son action. Jésus est le Fils qui communique toute Sa Vie à Ses frères, et Il la communique parce qu'Il est le Fils. De nombreux Pères ont vu en Lazare non seulement une préfiguration de Jésus Mort et Ressuscité et de notre future résurrection, mais aussi un symbole de la vie nouvelle du baptisé, libéré du péché, la vraie mort de l'homme. Le texte, hautement symbolique et évocateur, suggère plusieurs interprétations. Vaincre la mort est le désir le plus profond de l'homme, qui ne veut pas que son existence dans le monde ait pour destination le néant. Si le néant était la fin de tout, tout serait absurde et rien n'existerait. Mais le néant ne peut pas être le but, parce qu'il ne peut pas être le principe de vie qui existe réellement. Le terme de toute réalité correspond à son principe. Nous sommes destinés non pas à l'anéantissement, mais à la communion avec le Fils et le Père. Cette histoire nous présente le cœur du message chrétien, qui répond au besoin de bonheur et de plénitude présent en tout homme. En suivant ce désir, on peut raisonnablement avoir foi et accepter le Dieu de la vie. Le rejet de Dieu et de la vie provient, plutôt que de son caractère raisonnable, de notre façon tragique de concevoir la mort, avec les troubles émotionnels qui s'ensuivent. C'est de cela que ce récit nous guérit. La résurrection, c'est croire en Jésus : celui qui adhère à Lui est déjà en communion avec le Fils et, même s'il meurt, il vivra. En effet, celui qui vit et croit en Lui ne mourra pas éternellement. Il participe en effet à la Vie de Dieu, qui est Amour : "Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n'aime pas reste dans la mort". Le retour à la vie de Lazare est un signe de ce qui arrive aux sœurs Marthe et Marie : le frère quitte momentanément le tombeau, mais pour y revenir à nouveau, tandis que les sœurs quittent le village de l'affliction et la maison du deuil pour rencontrer, dès maintenant sur cette terre, le Seigneur de la Vie. Le vrai ressuscité n'est pas Lazare, revenu à la vie mortelle, mais ses sœurs et ceux qui croient en Jésus, qui sont passés à la vie immortelle.
Livre d'Ézéchiel 37,12-14.
RispondiEliminaAinsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple !
Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.
Psaume 130(129)
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l'homme te craigne.
J'espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l'espère, et j'attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.
Oui, près du Seigneur, est l'amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C'est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.
Lettre de saint Paul Apôtre
aux Romains 8,8-11.
Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.
Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Évangile de Jésus-Christ
Eliminaselon saint Jean 11,1-45.
En ce temps-là, il y avait quelqu'un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort,
et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. »
Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
--->-->Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
EliminaAlors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
PAROLES DES PAPES
EliminaBENOÎT XVI ANGÉLUS 10 avril 2011
Deux semaines seulement nous séparent de Pâques et les lectures bibliques de ce dimanche parlent toutes de la Résurrection. Pas encore de celle de Jésus, qui fera irruption comme une nouveauté absolue, mais de notre résurrection, celle à laquelle nous aspirons, et que justement le Christ nous a donnée, en ressuscitant des morts. En effet, la mort représente pour nous comme un mur qui nous empêche de voir au-delà; et pourtant notre cœur se tend au-delà de ce mur, et même si nous ne pouvons pas connaître ce qu'il cache, pourtant nous y pensons, nous l'imaginons, en exprimant notre désir d'éternité par des symboles.
Au peuple juif, en exil loin de la Terre d'Israël, le prophète Ezéchiel annonce que Dieu ouvrira les tombeaux des déportés et les fera revenir sur leur terre, pour qu'ils y reposent en paix (cf. Ez 37, 12-14). Cette aspiration ancestrale de l'homme à être enterré avec ses ancêtres est une aspiration à une « patrie » qui l'accueille au terme des fatigues terrestres. Cette conception ne comporte pas encore l'idée d'une résurrection personnelle de la mort, qui apparaît seulement vers la fin de l'Ancien Testament, et qui n'était encore pas accueillie par tous les juifs au temps de Jésus. Du reste chez les chrétiens aussi, il n'est pas rare que la foi dans la résurrection et dans la vie éternelle s'accompagne de nombreux doutes, de beaucoup de confusion, parce qu'il s'agit toujours d'une réalité qui dépasse les limites de notre raison, et requiert un acte de foi. Dans l'Évangile d'aujourd'hui — la résurrection de Lazare — nous écoutons la voix de la foi dans la bouche de Marthe, sœur de Lazare. À Jésus qui lui dit : « Ton frère ressuscitera », elle répond : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection » (Jn 11, 23-24). Mais Jésus répond : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra » (Jn 11, 25-26). Voilà la véritable nouveauté, qui surgit et franchit toutes les barrières ! Le Christ abat le mur de la mort, en Lui habite toute la plénitude de Dieu, qui est la vie, la vie éternelle. C'est pourquoi la mort n'a pas eu de pouvoir sur lui : et la résurrection de Lazare est le signe de sa domination totale sur la mort physique, qui devant Dieu est comme un sommeil (cf. Jn 11, 11).
Mais il est une autre mort, qui a coûté au Christ la lutte la plus dure, et même le prix de la croix: c'est la mort spirituelle, le péché, qui menace de ruiner l'existence de chaque homme. Le Christ est mort pour vaincre cette mort, et sa résurrection n'est pas un retour à la vie précédente, mais l'ouverture d'une réalité nouvelle, une « terre nouvelle », finalement unie à nouveau au Ciel de Dieu. C'est pourquoi saint Paul écrit : « Si l'Esprit de Dieu, qui a ressuscité Jésus d'entre les morts, habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d'entre les morts, donnera la vie aussi à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8, 11). Chers frères, adressons-nous à la Vierge Marie, qui participe déjà à cette résurrection, afin qu'elle nous aide à dire avec foi : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Jn 11, 27), à découvrir vraiment qu’Il est notre salut.
"Lorsque nous invoquons Dieu, lorsque nous nous ouvrons à Lui, nous sommes d'abord nous-mêmes "faits nouveaux". Et, à l'inverse, lorsque le monde se ferme à Dieu, lorsqu'il détourne son regard de Lui, alors le monde devient comme une planète qui quitte son orbite de gravitation, et roule, sans but, dans l'abîme du néant.
Le monde est alors comme une terre qui n'est plus éclairée par le soleil et sur laquelle la vie s'est éteinte. Quand l'homme perd Dieu, il ne sait plus être juste, parce qu'il a perdu le paramètre fondamental du jugement...".
BENOÎT XVI
PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaANGÉLUS 26 mars 2023
Aujourd’hui, cinquième dimanche de Carême, l’Evangile nous présente la résurrection de Lazare (cf. Jn 11, 1-45). C’est le dernier des miracles de Jésus racontés avant Pâques: la résurrection de son ami Lazare. Lazare est un ami proche de Jésus, qui sait qu’il est sur le point de mourir; il se met en route, mais arrive chez lui quatre jours après l’enterrement, lorsque tout espoir est perdu. Sa présence ravive cependant un peu de confiance dans le cœur de ses sœurs Marthe et Marie (cf. vv. 22.27). Elles s’accrochent à cette lumière, à cette petite espérance, même dans la douleur. Et Jésus les invite à avoir la foi et leur demande d’ouvrir le tombeau. Puis il prie le Père et crie à Lazare: «Viens dehors!» (v. 43). Ce dernier revient à la vie et sort. C’est le miracle, ainsi, simple.
Le message est clair: Jésus donne la vie même quand il semble n’y avoir plus d’espoir. Il arrive parfois que l’on se sente désespéré — cela est arrivé à tous — ou que l’on rencontre des personnes qui ont cessé d’espérer, qui sont amères pare qu’elles ont vécu des choses difficiles, leur cœur blessé ne peut plus espérer. A cause d’une perte douloureuse, d’une maladie, d’une déception amère, d’un tort ou d’une trahison subis, d’une erreur grave commise.... Elles ont cessé d’espérer. Parfois, nous entendons des personnes dire: «Il n’y a plus rien à faire!» et elles ferment la porte à toute espérance. Ce sont des moments où la vie ressemble à un tombeau fermé: tout est sombre, on ne voit autour de soi que tristesse et désespoir. Le miracle d’aujourd’hui, nous dit que ce n’est pas le cas, que dans ces moments-là, nous ne sommes pas seuls, au contraire, c’est précisément dans ces moments-là qu’Il se fait plus proche que jamais pour nous redonner vie. Jésus pleure: l’Evangile dit que Jésus, devant le tombeau de Lazare, a pleuré, et aujourd’hui, Jésus pleure avec nous, comme il a pu pleurer pour Lazare: l’Evangile répète deux fois qu’il a été pris d’émotion (cf. v. 33.38) et souligne qu’il se mit à pleurer (cf. v. 35). Dans le même temps, Jésus nous invite à ne pas cesser de croire et d’espérer, à ne pas nous laisser écraser par des sentiments négatifs, qui ôtent les larmes. Il s’approche de nos tombeaux et nous dit, comme alors: «Enlevez la pierre» (v. 39). Dans ces moments, nous avons comme une pierre à l’intérieur et le seul capable de l’enlever est Jésus, avec ses paroles: «Enlevez la pierre».
C’est ce que Jésus nous dit aussi à chacun de nous. Enlevez la pierre: la douleur, les erreurs, même les échecs, ne les cachez pas à l’intérieur, dans une pièce sombre, solitaire et fermée. Enlevez la pierre: sortez tout ce qu’il y a à l’intérieur, «Mais j’ai honte». Jetez-le en moi avec confiance, dit le Seigneur, je ne me scandalise pas: jetez-le en moi sans crainte, parce que je suis avec vous, je vous aime et je veux que vous reveniez à la vie. Et, comme à Lazare, il répète à chacun de nous: Viens dehors! Lève-toi, remets-toi sur le chemin, reprends confiance! Combien de fois, dans la vie, nous sommes-nous retrouvés ainsi, dans cette situation de ne pas avoir la force de nous relever. Et Jésus dit: «Va, avance! Je te prendrai par la main, dit Jésus, comme lorsque tu étais enfant, tu apprenais à faire ses premiers pas. Cher frère, chère sœur, enlève les bandelettes qui te lient (cf. v. 45), s’il te plaît, ne cède pas au pessimisme qui déprime, ne cède pas à la peur qui isole, ne cède pas au découragement provoqué par le souvenir des mauvaises expériences, ne cède à la peur qui paralyse. Jésus nous dit: «Je te veux libre, je te veux vivant, je ne t’abandonne pas et je suis avec toi! Tout est obscur mais je suis avec toi! Ne te laissez pas emprisonner par la douleur, ne laissez pas mourir l’espérance. Frère, sœur, reviens à la vie!» — «Et comment puis-je le faire?» — «Prends ma main. Laisse-toi sortir dehors: et Lui est capable de le faire. Dans ces mauvais moments qui nous arrivent à tous.
EliminaChers frères et sœurs, ce passage du chapitre 11 de l’Evangile de Jean qu’il fait beaucoup de bien de lire, est un hymne à la vie, et nous le proclamons quand Pâques approche. Peut-être que nous aussi, en ce moment, nous portons dans notre cœur un fardeau ou une souffrance qui semble nous écraser; quelque chose de mauvais, un vieux péché que nous n’arrivons pas à faire sortir, une erreur de jeunesse, on ne sait jamais. Ces choses mauvais doivent ressortir. Et Jésus dit: «Viens dehors!». Alors, le moment est venu d’enlever la pierre et d’aller à la rencontre de Jésus, qui est proche. Parvenons-nous à lui ouvrir notre cœur et lui confier nos préoccupations? Est-ce que nous le faisons? Parvenons-nous à ouvrir le tombeau des problèmes, en sommes-nous capables, et regarder au-delà du seuil, vers sa lumière, ou avons-nous peur de cela? Et à notre tour, en tant que petits miroirs de l’amour de Dieu, parvenons-nous à illuminer les milieux dans lesquels nous vivons avec des paroles et des gestes de vie? Témoignons-nous de l’espérance et de la joie de Jésus? Nous, pécheurs, tous? Et encore, je voudrais dire un mot aux confesseurs: chers frères, n’oubliez pas que vous aussi vous êtes pécheurs, et vous êtes au confessionnel non pas pour torturer, mais pour pardonner, et pardonner tout, comme le Seigneur pardonne tout; Que Marie, Mère de l’Espérance, renouvelle en nous la joie de ne pas nous sentir seuls et l’appel à apporter la lumière dans les ténèbres qui nous entourent.
FAUSTI- "Je suis la résurrection et la vie . Celui qui croit en moi, même s'il est mort, vivra", dit Jésus à Marthe. Car Il est la Vie et la Lumière, la Lumière qui brille dans les ténèbres, la Vie qui réveille de la mort. La dernière œuvre du Messie a été l'illumination de l'aveugle : il nous a ouvert les yeux sur la réalité, en nous montrant la vérité de Dieu et de l'homme. Il nous donne maintenant la liberté face à notre ultime but.
RispondiEliminaLa résurrection de Lazare nous ouvre les yeux sur la mort, hypothèque de toute vie.
Regarder la mort dans les yeux et pénétrer son mystère est nécessaire pour vivre.
Sinon, notre existence reste une fuite, forcée et inutile, de ce que nous savons être le point d'arrivée certain.
Jésus ne nous sauve pas "de" la mort. C'est impossible, nous sommes mortels. Il nous sauve plutôt "dans" la mort. Il ne nous enlève pas la limitation nécessaire à notre existence, ni la dignité d'en être conscients. Mais Il nous offre de la comprendre en la vivant d'une manière nouvelle, divine. Chacune de nos limites, y compris les dernières, n'est pas une négation de nous-mêmes, mais un lieu de relation avec les autres et avec l'Autre.
Au lieu de nous enfermer dans la défense ou l'attaque, nous pouvons nous ouvrir à la communion et nous réaliser à l'image de Dieu, qui est Amour.
Nous sommes au dernier des "signes" qui révèlent la gloire du Fils de Dieu. Après ce récit suivra Sa Passion, qui réalise le sens de toute Son action.
Jésus est le Fils qui communique toute Sa Vie à Ses frères, et Il la communique parce qu'Il est le Fils.
De nombreux Pères ont vu en Lazare non seulement une préfiguration de Jésus Mort et Ressuscité et de notre future résurrection, mais aussi un symbole de la vie nouvelle du baptisé, libéré du péché, la vraie mort de l'homme.
Le texte, hautement symbolique et évocateur, suggère plusieurs interprétations.
Vaincre la mort est le désir le plus profond de l'homme, qui ne veut pas que son existence dans le monde ait pour destination le néant. Si le néant était la fin de tout, tout serait absurde et rien n'existerait. Mais le néant ne peut pas être le but, parce qu'il ne peut pas être le principe de vie qui existe réellement. Le terme de toute réalité correspond à son principe.
Nous sommes destinés non pas à l'anéantissement, mais à la communion avec le Fils et le Père. Cette histoire nous présente le cœur du message chrétien, qui répond au besoin de bonheur et de plénitude présent en tout homme. En suivant ce désir, on peut raisonnablement avoir foi et accepter le Dieu de la vie. Le rejet de Dieu et de la vie provient, plutôt que de son caractère raisonnable, de notre façon tragique de concevoir la mort, avec les troubles émotionnels qui s'ensuivent. C'est de cela que ce récit nous guérit. La résurrection, c'est croire en Jésus : celui qui adhère à Lui est déjà en communion avec le Fils et, même s'il meurt, il vivra. En effet, celui qui vit et croit en Lui ne mourra pas éternellement. Il participe en effet à la Vie de Dieu, qui est Amour : "Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie,
parce que nous aimons les frères. Celui qui n'aime pas reste dans la mort".
Le retour à la vie de Lazare est un signe de ce qui arrive aux sœurs Marthe et Marie : le frère quitte momentanément le tombeau, mais pour y revenir à nouveau, tandis que les sœurs quittent le village de l'affliction et la maison du deuil pour rencontrer, dès maintenant sur cette terre, le Seigneur de la Vie.
Le vrai ressuscité n'est pas Lazare, revenu à la vie mortelle, mais ses sœurs et
ceux qui croient en Jésus, qui sont passés à la vie immortelle.